Ainsi ai-je entendu :
Une fois, le Bhagavat résidait au pays des Kurus, dans un bourg nommé
Kammâssadhamma. Là, le Bhagavat appela les moines « Moines
! » — « Seigneur ! » répondirent ces moines
au Bhagavat.
Le Bhagavat parla ainsi :
Il n'y a qu'un seul sentier, O moines, conduisant à la purification
des êtres, à la conquête des douleurs et des peines, à
la destruction des souffrances physiques et morales, à l'acquisition
de la conduite droite, à la réalisation du Nibbana, ce sont
les quatre sortes d'Établissement de l'Attention.
Quelles sont ces quatre sortes ?
Voici, O moines, un moine observant le corps, demeure énergique, compréhensif,
attentif, ayant rejeté les désirs et les soucis mondains ; observant
les sensations... ; observant l'esprit... ; observant les sujets différents,
il demeure énergique, compréhensif, attentif, ayant rejeté
les désirs et les soucis mondains.
I
Et comment, O moines, un moine demeure-t-il, observant le corps ?
Voici, O moines, un moine étant allé dans la forêt, ou
au pied d'un arbre, ou dans une maison isolée, s'assied, les jambes
croisées, le corps droit, son attention fixée devant lui. Attentivement
il aspire, attentivement il expire. Aspirant lentement il sait : « Lentement
j'aspire ». Expirant lentement, il sait : « Lentement j'expire
». Aspirant rapidement il sait : « Rapidement j'aspire ».
Expirant rapidement, il sait : « Rapidement j'expire ».
« Ressentant tout le corps, j'aspire », ainsi s'entraîne-t-il.
« Ressentant tout le corps, j'expire », ainsi s'entraîne-t-il.
« Calmant les activités du corps, j'aspire », ainsi s'entraîne-t-il.
« Calmant les activités du corps, j'expire », ainsi s'entraîne-t-il.
De même, O moines, qu'un habile tourneur ou un apprenti tourneur, tournant
lentement, sait : « Lentement je tourne » ; tournant rapidement,
il sait : « Rapidement je tourne ». De même, O moines, un
moine aspirant lentement sait : « Lentement j'aspire » ; expirant
lentement, il sait : « Lentement j'expire »... (Comme ci-dessus)
« Calmant les activités du corps, j'expire », ainsi s'entraîne-t-il.
Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement ; il demeure observant
le corps extérieurement ; il demeure observant le corps intérieurement
et extérieurement. Il demeure observant l'apparition du corps ; il
demeure observant la disparition du corps ; il demeure observant l'apparition
et la disparition du corps. « Voilà le corps » ; cette
introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance,
seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et
ne s'attache à rien dans le monde.
C'est ainsi, aussi, O moines, qu'un moine, demeure observant le corps.
Et de plus, O moines, un moine, allant, sait : « Je vais » ; étant
debout, il sait : « Je suis debout » ; étant assis, il
sait :
« Je suis assis » ; étant couché, il sait : «
Je suis couché » ; le corps étant dans telle ou telle
position, il le sait être dans telle ou telle position.
Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement, il demeure observant
le corps extérieurement... (comme ci-dessus).
C'est ainsi, aussi, O moines, qu'un moine demeure, observant le corps.
Et de plus, O moines, un moine, allant ou revenant, en est parfaitement conscient
; regardant devant ou autour de lui, il en est parfaitement conscient ; étendant
ou repliant ses membres, il en est parfaitement conscient ; portant le bol
et les robes monastiques, il en est parfaitement conscient ; mangeant, buvant,
mastiquant, goûtant, il en est parfaitement conscient ; déféquant,
urinant, il en est parfaitement conscient ; marchant, étant debout,
s'asseyant, s'endormant, s'éveillant, parlant, se taisant, il en est
parfaitement conscient.
Ainsi il demeure observant le corps intérieurement, il demeure observant
le corps extérieurement...
C'est ainsi, aussi, O moines, qu'un moine demeure observant le corps.
Et de plus, O moines, un moine observe ce corps de la plante des pieds au
sommet de la tête, recouvert de peau et rempli d'impuretés diverses
: « Il y a dans ce corps : cheveux, poils, ongles, dents, peau, chair,
tendons, os, moelles, reins, coeur, foie, plèvre, rate, poumons, intestins,
mésentère, estomac, excréments, bile, phlegme, pus, sang,
sueur, graisse, larmes, suint, salive, mucus, synovie, urine. »
De même, O moines, que s'il y avait un sac à deux ouvertures
rempli de graines diverses, telles que riz, riz brut, pois chiches, haricots,
sésame, riz perlé, alors un homme qui voit bien l'ayant ouvert,
examinerait : « Ceci est du riz, ceci du riz brut, ceci des pois chiches,
ceci des haricots, ceci du sésame, ceci du riz perlé »
; de même O moines, un moine observe ce corps, de la plante des pieds
au sommet de la tête, recouvert de peau et rempli d'impuretés
diverses : il y a dans ce corps : cheveux, poils, ongles... graisse, larmes,
suint, salive, mucus, synovie, urine.
Ainsi il demeure observant le corps
C'est ainsi, aussi, O moines, qu'un moine demeure observant le corps.
Et de plus, O moines, un moine examine le corps, tel qu'il est placé
par éléments : « Il y a dans ce corps l'élément
terre, l'élément eau, l'élément feu, l'élément
air. »
De même, O moines, qu'un habile boucher, ou un apprenti boucher, ayant
tué une vache va s'asseoir à un carrefour, l'ayant débitée
en morceaux, de même, O moines, un moine examine ce corps tel qu'il
est placé par éléments : « Il y a dans ce corps
l'élément terre, l'élément eau, l'élément
feu, l'élément air ».
Ainsi il demeure observant le corps intérieurement, il demeure observant
le corps extérieurement
C'est ainsi, aussi, O moines, qu'un moine demeure observant le corps.
Et de plus, O moines, quand un moine voit un corps jeté sur un charnier,
mort depuis un jour, deux jours, trois jours, gonflé, bleui, putréfié,
il réfléchit à son propre corps : « Ce corps a
la même nature, il deviendra de même, il ne peut l'éviter
».
Ainsi il demeure observant le corps intérieurement ; il demeure observant
le corps extérieurement...
C'est ainsi, aussi, O moines, qu'un moine demeure observant le corps.
Et de plus, O moines, quand un moine voit un corps jeté sur un charnier,
déchiqueté par les corbeaux, les vautours, rongé par
toutes sortes de vers, il réfléchit à son propre corps
: « Ce corps a la même nature, il deviendra de même, il
ne peut l'éviter ».
Ainsi il demeure observant le corps intérieurement ; il demeure observant
le corps extérieurement...
C'est ainsi, aussi, O moines, qu'un moine demeure observant le corps.
Et de plus, O moines, quand un moine voit un corps jeté sur un charnier,
charpente d'ossements liés par les tendons, ayant encore lambeaux de
chair et taches de sang, il réfléchit à son propre corps
: « Ce corps a la même nature, il deviendra de même, il
ne peut l'éviter ».
Ainsi, il demeure observant le corps intérieurement ; il demeure observant
le corps extérieurement
C'est ainsi, aussi, O moines, qu'un moine demeure observant le corps.
Et de plus, O moines, quand un moine voit un corps jeté sur un charnier,
charpente d'ossements liés par les tendons, sans plus de chair, mais
taché de sang, il réfléchit à son propre corps
: « Ce corps a la même nature, il deviendra de même, il
ne peut l'éviter ».
Ainsi, il demeure observant le corps intérieurement ; il demeure observant
le corps extérieurement. C'est ainsi, aussi, O moines, qu'un moine
demeure observant le corps.
Et de plus, O moines, quand un moine voit un corps jeté sur un charnier,
charpente d'ossements liés par les tendons, sans plus de chair, ni
taches de sang, il réfléchit à son propre corps : «
Ce corps a la même nature, il deviendra de même, il ne peut l'éviter
».
Ainsi il demeure observant le corps intérieurement ; il demeure observant
le corps extérieurement...
C'est ainsi, aussi, O moines, qu'un moine demeure observant le corps.
Et de plus, O moines, quand un moine voit un corps jeté sur un charnier,
les ossements déliés des tendons, dispersés çà
et là, ici un os des mains, et là un os des pieds ; ici un tibia
et là un fémur ; ici un bassin, et 1à des vertèbres
; ici le crâne ; il réfléchit à son propre corps
: « Ce corps a la même nature, il deviendra de même, il
ne peut l'éviter ».
Ainsi, il demeure observant le corps intérieurement ; il demeure observant
le corps extérieurement...
C'est ainsi, aussi, O moines, qu'un moine demeure observant le corps.
Et de plus, O moines, quand un moine voit un corps jeté sur un charnier,
les ossements blanchis comme des coquillages, il réfléchit à
son propre corps : « Ce corps a la même nature, il deviendra de
même, il ne peut l'éviter ».
Ainsi, il demeure observant le corps intérieurement ; il demeure observant
le corps extérieurement
C'est ainsi, aussi, O moines, qu'un moine demeure observant le corps.
Et de plus, O moines, quand un moine voit un corps jeté sur un charnier,
les ossements entassés après un an passé, il réfléchit
à son propre corps : « Ce corps a la même nature, il deviendra
de même, il ne peut l'éviter ».
Ainsi il demeure observant le corps intérieurement ; il demeure observant
le corps extérieurement...
C'est ainsi, aussi, O moines, qu'un moine demeure observant le corps.
Et de plus, O moines, quand un moine voit un corps jeté sur un charnier,
les ossements pourris et devenus poussière, il réfléchit
à son propre corps : « Ce corps a la même nature, il deviendra
de même, il ne peut l'éviter ».
Ainsi il demeure observant le corps intérieurement ; il demeure observant
le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement
et extérieurement. Il demeure observant l'apparition du corps ; il
demeure observant la disparition du corps ; il demeure observant l'apparition
et la disparition du corps.
« Voilà le corps » : cette introspection est présente
à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion,
et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde.
C'est ainsi, O moines, qu'un moine demeure observant le corps.
II
Et comment, O moines, un moine demeure-t-il observant les sensations ?
Voici, O moines, un moine ressentant une sensation agréable sait :
« Je ressens une sensation agréable » ; ressentant une
sensation désagréable, il sait : « Je ressens une sensation
désagréable » ; ressentant une sensation ni agréable
ni désagréable, il sait : « Je ressens une sensation ni
agréable, ni désagréable ». Ressentant une sensation
charnelle agréable, il sait : « Je ressens une sensation charnelle
agréable » ; ressentant une sensation spirituelle agréable,
il sait : « Je ressens une sensation spirituelle agréable, ressentant
une sensation charnelle désagréable, il sait :
« Je ressens une sensation charnelle désagréable »
; ressentant une sensation spirituelle désagréable, il sait
: « Je ressens une sensation spirituelle désagréable »
; ressentant une sensation charnelle ni agréable ni désagréable,
il sait « : Je ressens une sensation charnelle ni agréable, ni
désagréable » ; ressentant une sensation spirituelle ni
agréable, ni désagréable, il sait :
« Je ressens une sensation spirituelle ni agréable, ni désagréable
».
Ainsi il demeure observant les sensations intérieurement ; il demeure
observant les sensations extérieurement ; il demeure observant les
sensations intérieurement et extérieurement. Il demeure observant
l'apparition des sensations ; il demeure observant la disparition des sensations
; il demeure observant l'apparition et la disparition des sensations : «
Voilà les sensations » ; cette introspection est présente
à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion,
et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde.
C'est ainsi, O moines, qu'un moine demeure observant les sensations.
III
Et comment, O moines, un moine demeure-t-il observant l'esprit ?
Voici, O moines, un moine ayant un esprit passionné sait
« Ceci est un esprit passionné » ; ayant un esprit libre
de passion, il sait : « Ceci est un esprit libre de passion »
; ayant un esprit haineux, il sait : « Ceci est un esprit haineux »
; ayant un esprit libre de haine, il sait : « Ceci est un esprit libre
de haine » ; ayant un esprit égaré, il sait : «
Ceci est un esprit égaré » ; ayant un esprit libre d'égarement,
il sait : « Ceci est un esprit libre d'égarement » ; ayant
un esprit recueilli, il sait : « Ceci est un esprit recueilli »
; ayant un esprit distrait, il sait : « Ceci est un esprit distrait
» ; ayant un esprit grand, il sait : « Ceci est un esprit grand
» ; ayant un esprit sans grandeur, il sait : « Ceci est un esprit
sans grandeur » ; ayant un esprit inférieur, il sait : «
Ceci est un esprit inférieur » ; ayant un esprit supérieur,
il sait
« Ceci est un esprit supérieur » ; ayant un esprit concentré,
il sait « Ceci est un esprit concentré » ; ayant un esprit
non concentré, il sait : « Ceci est un esprit non concentré
» ; ayant un esprit libéré, il sait : « Ceci est
un esprit libéré » ; ayant un esprit non libéré,
il sait : « Ceci est un esprit non libéré ».
Ainsi il demeure observant l'esprit intérieurement ; il demeure observant
l'esprit extérieurement ; il demeure observant l'esprit intérieurement
et extérieurement. Il demeure observant l'apparition de l'esprit, il
demeure observant la disparition de l'esprit
il demeure observant l'apparition et la disparition de l'esprit.
« Voilà l'esprit » : cette introspection est présente
à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion
et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde.
C'est ainsi, O moines, qu'un moine demeure observant l'esprit.
IV
Et comment, O moines, un moine demeure-t-il observant les sujets différents
?
Voici, O moines, un moine demeure observant les Cinq Empêchements.
Et comment, O moines, un moine demeure-t-il observant les Cinq Empêchements
?
Voici, O moines, un moine, quand le désir sensuel est en lui, il sait
: « En moi est le désir sensuel » ; quand le désir
sensuel n'est pas en lui, il sait : « En moi n'est pas le désir
sensuel » ; il sait comment le désir sensuel non apparu, apparaît.
Il sait comment le désir sensuel apparu, est déraciné.
Il sait comment le désir sensuel déraciné ne surgira
plus.
Quand la méchanceté est en lui, il sait : « En moi est
la méchanceté ». Quand la méchanceté n'est
pas en lui, il sait : « En moi n'est pas la méchanceté
Il sait comment la méchanceté non apparue, apparaît. Il
sait comment la méchanceté apparue est déracinée.
Il sait comment la méchanceté déracinée ne surgira
plus.
Quand l'inertie et la torpeur sont en lui, il sait : « En moi sont l'inertie
et la torpeur ». Quand l'inertie et la torpeur ne sont pas en lui, il
sait : « En moi ne sont pas l'inertie et la torpeur ». Il sait
comment l'inertie et la torpeur non apparues, apparaissent. Il sait comment
l'inertie et la torpeur apparues sont déracinées. Il sait comment
l'inertie et la torpeur déracinées ne surgiront plus.
Quand l'agitation et le remords sont en lui, il sait : « En moi sont
l'agitation et le remords ». Quand l'agitation et le remords ne sont
pas en lui, il sait : « En moi, ne sont pas l'agitation et le remords
». Il sait comment l'agitation et le remords non apparus, apparaissent
; il sait comment l'agitation et le remords apparus sont déracinés
; il sait comment l'agitation et le remords déracinés ne surgiront
plus.
Quand le doute est en lui, il sait : « En moi est le doute ».
Quand le doute n'est pas en lui, il sait : « En moi n'est pas le doute
». Il sait comment le doute non apparu, apparaît ; il sait
comment le doute apparu est déraciné ; il sait comment le doute
déraciné ne surgira plus.
Ainsi il demeure observant les sujets différents intérieurement
; il demeure observant les sujets différents extérieurement
il demeure observant les sujets différents intérieurement et
extérieurement. Il demeure observant l'apparition des sujets différents
; il demeure observant la disparition des sujets différents. Il demeure
observant l'apparition et la disparition des sujets différents. «
Voilà les sujets différents » ; cette introspection est
présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour
la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à
rien dans le monde.
C'est ainsi, O moines, qu'un moine demeure observant les Cinq Empêchements.
Et de plus, O moines, un moine demeure observant les Cinq Agrégats.
Et comment, O moines, un moine demeure-t-il observant les Cinq Agrégats
?
Voici, O moines, un moine se dit : « Ainsi est la matière, ainsi
est l'apparition de la matière, ainsi est la disparition de la matière
».
« Ainsi sont les sensations, ainsi est l'apparition des sensations,
ainsi est la disparition des sensations ».
« Ainsi sont les perceptions, ainsi est l'apparition des perceptions,
ainsi est la disparition des perceptions. »
« Ainsi sont les formations mentales, ainsi est l'apparition des formations
mentales, ainsi est la disparition des formations mentales. »
« Ainsi est la conscience, ainsi est l'apparition de la conscience,
ainsi est la disparition de la conscience. »
Ainsi il demeure observant les sujets différents intérieurement
il demeure observant les sujets différents extérieurement ;
il demeure observant les sujets différents intérieurement et
extérieurement. Il demeure observant l'apparition des sujets différents
; il demeure observant la disparition des sujets différents il demeure
observant l'apparition et la disparition des sujets différents. «
Voilà les sujets différents » : cette introspection est
présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour
la réflexion, et il demeure libéré et ne s'attache à.
rien dans le monde.
C'est ainsi, O moines, qu'un moine demeure observant les Cinq Agrégats.
Et de plus, O moines, un moine demeure observant les six sphères intérieures
et extérieures (des sens).
Et Comment, O moines, un moine demeure-t-il observant les six sphères
intérieures et extérieures (des sens) ?
Voici, 0 moines, un moine connaît l'oeil, il connaît les formes,
et il connaît le lien qui naît à cause d'eux. Il sait comment
ce lien non apparu, apparaît ; il sait comment ce lien apparu est brisé
; il sait comment ce lien brisé à l'avenir n'apparaîtra
plus.
Il connaît l'oreille, il connaît les sons, et il connaît
le lien qui naît à cause d'eux. Il sait comment ce lien non apparu,
apparaît ; il sait comment ce lien apparu est brisé ; il sait
comment ce lien brisé, à l'avenir n'apparaîtra plus.
Il connaît le nez, il connaît les odeurs et il connaît le
lien qui naît à cause d'eux. Il sait comment ce lien non apparu
apparaît ; il sait comment ce lien apparu est brisé ; il sait
comment ce lien brisé à l'avenir n'apparaîtra plus.
Il connaît la langue, il connaît les saveurs, et il connaît
le lien qui naît à cause d'elles. Il sait comment ce lien non
apparu apparaît ; il sait comment ce lien apparu est brisé ;
il sait comment ce lien brisé à l'avenir n'apparaîtra
plus.
Il connaît le corps, il connaît les tangibles, et il connaît
le lien qui naît à cause d'eux. Il sait comment ce lien non apparu
apparaît ; il sait comment ce lien apparu est brisé ; il sait
comment ce lien brisé à l'avenir n'apparaîtra plus.
Il connaît le mental, il connaît les objets mentaux, et il connaît
le lien qui naît à cause d'eux. Il sait comment ce lien non apparu
apparaît ; il sait comment ce lien apparu est brisé ; il sait
comment ce lien brisé à l'avenir n'apparaîtra plus.
Ainsi il demeure observant les sujets différents intérieurement
; il demeure observant les sujets différents extérieurement...,
et il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde.
C'est ainsi, O moines, qu'un moine demeure observant les six sphères
intérieures et extérieures (des sens).
Et de plus, O moines, un moine demeure observant les sept Facteurs d'Eveil.
Et comment, O moines, un moine demeure-t-il observant les sept Facteurs d'Eveil
?
Voici, O moines, un moine ; si le Facteur d'Eveil de l'Attention est en lui,
il sait : « En moi est le Facteur d'Eveil de l'Attention » si
le Facteur d'Eveil de l'Attention n'est pas en lui, il sait « En moi
n'est pas le Facteur d'Eveil de l'Attention » ; il sait quand le Facteur
d'Eveil de l'Attention non apparu apparaît ; il sait quand le Facteur
d'Eveil apparu s'épanouit pleinement.
Si le Facteur d'Eveil de l'Examen de la Loi est en lui, il sait
« En moi est le Facteur d'Eveil de l'Examen de la Loi » ; Si le
Facteur d'Eveil de l'Examen de la loi n'est pas en lui, il sait
« En moi n'est pas le Facteur d'Eveil de l'Examen de la Loi ».
Il sait quand le Facteur d'Eveil de l'Examen de la Loi non apparu apparaît
; il sait quand le Facteur d'Eveil de l'Examen de la Loi, apparu, s'épanouit
pleinement.
Si le Facteur d'Eveil de l'Energie est en lui, il sait : « En moi est
le Facteur d'Eveil de l'Energie » ; Si le Facteur d'Eveil de l'Energie
n'est pas en lui, il sait : « En moi n'est pas le Facteur d'Eveil de
l'Energie ». Il sait quand le Facteur d'Eveil de l'Energie non apparu
apparaît ; il sait quand le Facteur d'Eveil de l'Energie apparu s'épanouit
pleinement.
Si le Facteur d'Eveil de la Joie est en lui, il sait : « En moi est
le Facteur d'Eveil de la Joie » ; Si le Facteur d'Eveil de la Joie n'est
pas en lui, il sait : « En moi n'est pas le Facteur d'Eveil de la Joie
». Il sait quand le Facteur d'Eveil de la Joie non apparu, apparaît
; il sait quand le Facteur d'Eveil de la Joie, apparu, s'épanouit pleinement.
Si le Facteur d'Eveil de la Tranquillité est en lui, il sait
« En moi est le Facteur d'Eveil de la Tranquillité » :
Si le Facteur d'Eveil de la Tranquillité n'est pas en lui, il sait
« En moi n'est pas le Facteur d'Eveil de la Tranquillité ».
Il sait quand le Facteur d'Eveil de la Tranquillité non apparu, apparaît
; il sait quand le Facteur d'Eveil de la Tranquillité, apparu, s'épanouit
pleinement.
Si le Facteur d'Eveil de la Concentration est en lui, il sait
« En moi est le Facteur d'Eveil de la Concentration » ; Si le
Facteur d'Eveil de la Concentration n'est pas en lui, il sait : « En
moi n'est pas le Facteur d'Eveil de la Concentration ». Il sait quand
le Facteur d'Eveil de la Concentration non apparu, apparaît ; il sait
quand le Facteur d'Eveil de la Concentration, apparu, s'épanouit pleinement.
Si le Facteur d'Eveil de l'Equanimité est en lui, il sait : «
En moi est le Facteur d'Eveil de l'Equanimité » ; Si le Facteur
d'Eveil de l'Equanimité n'est pas en lui, il sait : « En moi
n'est pas le Facteur d'Eveil de l'Equanimité ». Il sait quand
le Facteur d'Eveil de l'Equanimité non apparu, apparaît ; il
sait quand le Facteur d'Eveil de l'Equanimité, apparu, s'épanouit
pleinement.
Ainsi il demeure observant les sujets différents intérieurement
; il demeure observant les sujets différents extérieurement...
il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde.
C'est ainsi, O moines, qu'un moine demeure observant les sept Facteurs d'Eveil.
Et de plus, O moines, un moine demeure observant les Quatre Nobles Vérités.
Et comment O moines, un moine demeure-t-il observant les Quatre Nobles Vérités
?
Voici, O moines, un moine comprend exactement : « Ceci est la souffrance
» ; il comprend exactement : « Ceci est l'origine de la souffrance
» ; il comprend exactement : « Ceci est la cessation de la souffrance
» ; il comprend exactement : « Ceci est le sentier qui mène
à la cessation de la souffrance ».
Ainsi il demeure observant les sujets différents intérieurement
; il demeure observant les sujets différents extérieurement...
Il demeure libéré et ne s'attache à rien dans le monde.
C'est ainsi, O moines, qu'un moine demeure observant les Quatre Nobles Vérités.
Alors, O moines, celui qui pratiquerait ainsi ces quatre Etablissements de
l'attention pendant sept ans pourrait en récolter l'un de ces deux
fruits : l'Etat d'Arahant (libération complète) dans cette vie,
ou, s'il y a un reste d'attachement, l'Etat de non retour.
Mais laissons, O moines, ces sept ans.
Celui qui pratiquerait ainsi ces quatre Etablissements de l'Attention pendant
six ans, cinq ans, quatre ans, trois ans, deux ans, un an, pourrait en récolter
l'un de ces deux fruits : l'Etat d'Arahant dans cette vie, ou, s'il y a un
reste d'attachement, l'Etat de non retour.
Mais laissons, O moines, cette année.
Celui qui pratiquerait ainsi ces quatre Etablissements de l'Attention pendant
sept mois pourrait en récolter l'un de ces deux fruits : l'Etat d'Arahant
dans cette vie, ou, s'il y a un reste d'attachement, l'Etat de non retour.
Mais laissons, O moines, ces sept mois.
Celui qui pratiquerait ainsi ces quatre Etablissements de l'Attention pendant
six mois, cinq mois, quatre mois, trois mois, deux mois, un mois, un demi-mois,
pourrait en récolter l'un de ces deux fruits : l'Etat d'Arahant dans
cette vie, ou, s'il y a un reste d'attachement, l'Etat de non retour.
Mais laissons, O moines, ce demi-mois.
Celui qui pratiquerait ainsi ces quatre Etablissements de l'Attention pendant
sept jours, pourrait en récolter l'un de ces deux fruits : l'Etat d'Arahant
dans cette vie, ou, s'il y a un reste d'attachement, l'Etat de non retour.
Il n'y a qu'une seule voie, O moines, conduisant à la purification
des êtres, à la conquête des douleurs et des peines, à
la destruction des souffrances physiques et morales, à l'acquisition
de la conduite droite, à la réalisation du Nibbâna. Ce
sont les quatre Etablissements de l'Attention.
C'est dans ce but que ceci fut dit.
Ainsi parla le Bhagavat.
Les moines heureux se réjouirent des paroles du Bhagavat.
Par le vénérable Walpola Rahula
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